Les lundis au soleil

Trend #3 : le workation, quand le travail nomade devient une réalité

Bienvenue dans la TrendRoom du planning ! Cette semaine, notre newsletter vous fait voir du pays et vous invite à travailler les pieds dans le sable. Face à la généralisation du télétravail, les « travailleurs nomades » décident d’exercer leur activité dans le cadre de leur choix, jusqu’à interroger le rôle des bureaux dans l’avenir. De nombreuses marques encouragent cette tendance et proposent des solutions pour rendre possible un modèle « work from anywhere » longtemps fantasmé.

Le workation, en clair

« Workation » c’est la contraction de « work » et de « vacation ». Techniquement, c’est le fait de pouvoir travailler dans un contexte de vacances. Le phénomène n’est pas nouveau mais était jusque-là réservé à un public de startupers et autres « digital nomads » en quête de liberté. Avec la pandémie, la tendance prend un nouvel essor et se popularise même auprès des grandes entreprises. 

Alors que 49% des Français souhaiteraient maintenir des formes de travail flexibles après la crise, le télétravail s’installe et impose de nouveaux rapports au management, au temps et à l’espace. Ainsi, les bureaux deviendraient des lieux d’échange mais pas forcément de production. Le « workation » est principalement poussé par de grandes chaînes hôtelières qui réactivent leur activité et invoquent un idéal nomade. En délocalisant le travailleur, ces marques encouragent à dépasser l’opposition entre travail et dépaysement, productivité et oisiveté. Dans ces conditions, le travail à distance permet de résorber les tensions schizophréniques du « home office ».

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Opportunité 1

The good places : booster la productivité

Imaginer ses collaborateurs travailler depuis un cadre paradisiaque et sur un autre fuseau horaire peut être un cauchemar si la confiance n’est pas du voyage. Quand certaines entreprises se sont déjà montrées très réticentes aux mesures imposées de télétravail, pourquoi pousser l’exercice au risque de perdre le contact ? Déjà parce que pour beaucoup le bilan du télétravail est positif. Aux Etats-Unis, les salariés se seraient montrés 47 fois plus productifs en avril 2020 qu’au même mois de l’année précédente. Ensuite, ces révolutions des usages du travail poussent les salariés à trouver des bulles de concentration et à leur épargner la routine des trajets et du – désormais enterré – métro boulot dodo. 

Pour offrir les meilleures conditions de « workation », les hôteliers se réinventent pour offrir des cadres de travail aux conditions optimales. La montée du « bleisure » (business + leisure) combinée aux conciergeries 2.0 offrent même de nouvelles offres touristiques et mixtes.  Best Western lance ainsi sa propre marque de coworking avec des espaces de travail partagés ou fermés, tandis que Melià Hotels et Marriot développent leurs propres solutions digitales et des studios pour organiser des conférences virtuelles avec l’ensemble de l’entreprise. Airbnb développe de son côté un partenariat avec WeWork et propose des pass aux travailleurs nomades. 

Tout ça c’est bien sympa mais que fait-on des gosses ? Ourisman Travel a pensé à vos enfants avec un concept de « schoolcation » qui permet de continuer son CM2 à la plage. Les Four Seasons des Caraïbes proposent même de passer de la théorie scolaire à la pratique avec des cours de biologie sous-marine.

Opportunité 2

Local companies : créer du lien entre locaux et nomades

Le « workation » devient un levier de développement imparable pour les destinations touristiques. L’occasion de revitaliser son économie et son tissu local après une longue situation d’isolement. L’Ile Maurice propose ainsi un visa télétravail d’un an renouvelable pour changer de cadre et quitter son bureau de fortune. Idem pour Dubaï qui offre la possibilité de s’installer un an en famille, d’ouvrir un compte bancaire et d’inscrire vos enfants à l’école. 

Pour les entreprises, ces nouvelles « antennes » sont un moyen de développer une culture interne basée sur l’ouverture, de prendre soin du bien-être des employés ou encore de créer des synergies avec la communauté locale. La marque et le territoire dialoguent aussi à Madère. La petite ville de Ponta Del Sol a ainsi crée des centres de co-working sur la place du village pour favoriser les échanges entre les visiteurs et les habitants, un groupe Slack a même été créé pour fournir de nombreux conseils et faciliter les contacts. Une initiative au succès tel que de nombreux villages de l’archipel suivent déjà l’exemple. Mais ne faites pas vos bagages maintenant et restez encore un peu avec nous…

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Focus sur…les bureaux du futur

Depuis les années 90, la plasticienne Andrea Zittel interroge les notions de liberté et la fonction du design avec des « living units », des cellules d’habitation très compactes qui concentrent l’essentiel pour vivre (salle de bain, bureau, lit). En 2015, l’artiste prédisait « la fin des bureaux » avec une installation éphémère en plein désert destinée à recevoir des travailleurs nomades.

Plus fonctionnel encore, l’architecte Mohamed Radwan a conçu le « Qworkntine », ensemble de bureaux nomades qui permet à plusieurs personnes de travailler ensemble tout en étant protégées par le design. Les salariés ne sont peut-être pas obligés de quitter leur bureau…ils peuvent l’emmener avec eux. 

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La bonne idée : le Google du Workation

Headout est un tour opérateur spécialisé dans la sélection d’expériences exotiques. Surfant (sans jeu de mots) sur la tendance, la plateforme de la marque propose un annuaire des « best places to workation » avec des appréciations de « digital nomads » et propose même de vous mettre en contact avec eux. De quoi donner des idées à de nombreux acteurs du tourisme.

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